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C.E.P.

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Certificat de bonne conduite

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Les tournesols (1966-67)
CEP: " Je suis allé à l'école jusqu'à 13 ans, j'ai raté le certificat d'études primaires, parce que l'expression ne me plaisait pas.
Je ne voulais pas posséder un truc primaire."


L'adolescence à Montrouge vers la fin des années 50, c'est les copains , la bande de la cité ouvrière de "La Solidarité", dite "La Solo", avec, entre autres Alain Chevestrier dit Bouboule. Ce sont les premiers chanteurs de rock.
Coluche , fan d'Elvis, Bill Haley, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, s'essaye ,lui aussi, à la musique et forme le groupe "Les Déments". Il a fabriqué sa propre guitare qui sonne faux et qu'il faut être deux pour porter...
C'est aussi la passion des sports mécaniques, et l'apprentissage des moteurs avec son ami René METGE qui deviendra son beau-frère en épousant Danièle.

C'est enfin les boums avec les filles qu'on entraîne dans les caves...
"A Montrouge, t'as pas le choix: ou t'es ouvrier , t'as une femme et un deux-pièces-cuisine avec frigidaire sur cour, ou t'es délinquant avec vue sur les cheminées d'usines depuis la tôle. Un jour j'ai décidé de devenir intelligent."
Devenir intelligent, pour le jeune Michel Colucci, c'est apprendre à jouer aux échecs et lire intégralement "Le Capital" : "Marx , il étudie la croissance du grain de blé sous l'angle du travail du paysan. Bon ! Mais il oublie juste l'action du soleil !"
Après quelques petits boulots , tels que fleuriste aux côtés de sa mère qui tient une boutique près de la Place d'Aligre (Paris XIIème) puis garçon de café, "inquièteur d'immeubles" ("On était toute une équipe ...On sonnait à une porte et on demandait:
"Heu, Monsieur Berthier ? Alors la personne répondait "Non, c'est pas ici...Les gens crevaient de peur sans qu'on fasse rien de répréhensible...Ensuite un mec de la boîte passait leur vendre une porte blindée...") ou télégraphiste, et quelques mauvais coups qui foirent, Michel est appelé sous les drapeaux .

Incorporé le 8 Janvier 1964, il restera au 60¡ régiment d'Infanterie à Lons-le-Saunier 20 jours supplémentaires pour inconduite
et sera renvoyé, en qualité de 2¡ classe dans ses foyers de la rue de Prague, chez sa mère, le 25 Mai 1965. Il a été noté comme
"un élément médiocre, qui utilise ses faibles moyens dans un sens néfaste et qui cherche plus à critiquer qu'à agir par lui-même".
Les petits boulots reprennent sur la rive gauche de la capitale où Michel est fleuriste au Quai aux fleurs. A cette époque il commence à fréquenter terrasses de cafés et bistrots en chantant Bruant, Ferré, Bobby Lapointe,Vian, Brassens...
Il a monté un groupe avec France et Alain PELLET: "Les tournesols" et chante des complaintes d'inspiration médiévales.
Engagé au cabaret "Chez Bernadette",pour y faire la vaisselle, il en devient une sorte de directeur artistique et s'occupe de la programmation.

Il se produit dans d'autres cabarets vers la fin des années 60: "La Méthode", rue de la Montagne Sainte Geneviève, "Le Port du Salut",
rue St Jacques ou bien la "Galerie 55" rue de Seine et la "Vieille Grille", rue du Puits de l'Ermite.. Dans ces lieux, très populaires à l'époque, il rencontre Jean Yanne, Yves Robert, Roland Dubillard, Georges Moustaki, Maxime Le Forestier , Brigitte Fontaine, Jacques Higelin....et Romain Bouteille qui l'embarque dans l'aventure du "Café de la Gare".
Les événements de Mai 68, à Paris ne l'ont pas intéressé. Interpellé sans ses papiers d'identité, le 12 Juin 68 à 19h30, Bld Beaumarchais où a lieu une manifestation il déclare: "J'allais chez Paul Beuscher pour chercher des cordes pour ma guitare. Je ne manifeste pas."

"J'ai pris un pied terrible aux réunions de comédiens à la Sorbonne...J'ai vu des mecs qui sont devenus révolutionnaires en 30 secondes...Y avait des spectacles gratuits, pour le peuple, et la caractéristique de ces spectacles, c'était le nombre de ringards... des mecs qui avant la révolution ne chantaient nulle part, on pouvait plus les sortir de scène...Ils y tenaient des heures et des heures...Y chantaient tout , les mecs..."

Romain BOUTEILLE:
"Comment je suis devenu "artisse" ? Si j'avais rencontré Picasso, j'me s'rais sûrement mis à la peinture à ce moment-là, mais j'ai rencontré Romain Bouteille".